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P e u t – o n   b i e n   p u n i r ?

 

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 880 • 27 novembre 2017

 

Question de plusieurs parents: existe-t-il des moyens constructifs et pédagogiquement efficaces de punir ses enfants?

 

Certains parents n’ont jamais puni leur enfant. Pour d’autres, punir son enfant est une pratique courante et banale, considérée comme allant de soi.

En lisant des avis et conseils sur la punition, on rencontre des affirmations de ce type: «Des parents qui ne punissent pas ne donnent pas de repère. Il ne faut pas s’étonner que leurs bambins fassent des bêtises, qu’ils aient des problèmes à l’école… Donner des limites à un enfant, c’est lui dire ce qui est acceptable ou non pour vivre en collectivité».

«La punition est bel et bien un moyen d’enseigner aux enfants quelque chose qu’ils ne pourraient apprendre autrement…». «Bien que le fait de punir un enfant ne soit pas la seule chose nécessaire pour lui inculquer le sens de la discipline, cela en fait partie. Savoir comment punir efficacement un enfant qui a fait une bêtise est fondamental pour faire de lui, un jour, un adulte mûr et responsable». «Un enfant à qui l’on n’a jamais appris la différence entre le bien et le mal rencontrera des difficultés à l’école, dans le monde du travail et probablement dans sa vie personnelle».

 

De tels conseils, teintés de certitudes, donnent l’impression que la punition est une évidence, une nécessité incontournable de l’éducation. Et qu’apprendre la différence entre le bien et le mal se fait sous la contrainte et par soumission.

Les enfants ne sauraient comprendre la valeur des choses qu’en craignant des sanctions, privations et désagréments?

 

Pourquoi punit-on en réalité et que veut dire punir?

 

L’acte de punition suppose un ensemble de choses:

 

• désapprouver un comportement et le décréter inacceptable;

 

• considérer que l’enfant a adopté volontairement le comportement désapprouvé et qu’il est donc coupable;

 

• ne pas supposer qu’en discutant avec l’enfant il pourrait comprendre son erreur et accepter d’y remédier, de ne plus la répéter dans l’avenir;

 

• se sentir dans un rapport de force et non dans un rapport de confiance avec l’enfant et faire valoir ce rapport de force en infligeant des contraintes ou privations;

 

• considérer qu’en inspirant la crainte et en exigeant la soumission, l’on obtiendra les changements de comportement souhaités, car l’enfant renoncera au comportement répré- hensif par crainte de s’exposer à nouveaux à des punitions;

 

• ne pas croire qu’il serait possible d’instaurer avec l’enfant un dialogue constructif et efficace, qui permettrait de comprendre les mobiles de son comportement, et d’élaborer avec lui des projets pour changer les comportements en question;

 

• se considérer dans un rapport d’évaluation et non de collaboration avec l’enfant;

 

• ne pas considérer les mobiles subjectifs du parent – surcharge, fatigue, impatience – le menant à punir son enfant et faire croire à l’enfant que sa punition est un acte juste et pé- dagogiquement nécessaire «pour son bien».

 

L’annonce de la punition

 

Lorsque nous demandons quelque chose à l’enfant en lui annonçant préventivement les mesures de représailles en cas de non-obéissance, du style «finis tes devoirs, sinon pas de jeu vidéo!», «termine ton plat, sinon pas de dessert!» ou «range ta chambre, sinon tu n’iras pas à l’anniversaire de ton copain!», nous ne lui laissons pas l’opportunité de répondre positivement à notre demande par réel consentement ou juste pour nous faire plaisir.

Il ne s’agit pas d’une véritable demande, mais de l’annonce d’une contrainte; s’il y a contrainte, l’enfant n’a plus la possibilité de répondre positivement à notre demande de sa propre initiative. On ne peut pas obéir sincèrement, spontanément, sous la menace. Ranger sa chambre pendant des heures quand on a 12 ans pour faire une surprise à sa mère, pour le plaisir de voir son sourire illuminer son visage dans l’entrebâillement de la porte à son retour du travail, n’est pas la même chose que ranger sa chambre sous la menace de ne pas recevoir d’argent de poche pendant une semaine.

En supposant que l’enfant n’obéira que sous la contrainte, nous ne lui avançons pas notre confiance et le privons de la possibilité de dire «oui» à notre demande par sa propre bonne volonté.

Même si nous obtenons de cette manière le comportement souhaité, est-ce la même chose d’obéir par crainte et soumission ou par réelle acceptation et sincère consentement? Voulons-nous vraiment comprendre la position de notre enfant ou souhaitons-nous juste qu’il obéisse?

 

Judit Varadi

 

 

A p p r e n e z   u n e   l a n g u e   e n   q u e l q u e s   m o i s !

 

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 871 • 29 septembre 2017

 

L’Ecole de langues Varadi invite adultes et enfants à faire une expérience aussi enrichissante qu’étonnante: apprendre une langue étrangère en quelques mois, ou même en quelques semaines, grâce à une méthode innovante et motivante.

 

Fondée il y a 34 ans et conçue comme une plateforme vivante pour une réflexion pédagogique permanente, l’Ecole Varadi propose l’enseignement personnalisé de 33 langues étrangères à des adultes, adolescents et enfants, ainsi que des programmes élaborés sur mesure à l’intention d’organisations, multinationales, entreprises et banques.

 

Diplomates, expatriés, avocats, chefs d’entreprise, politiciens, médecins, secrétaires, étudiants et écoliers suivent des cours d’anglais, de français, d’allemand, de brésilien, de portugais, d’espagnol, d’italien, de russe, de chinois, de hongrois, de japonais, de vietnamien, de persan, d’arabe, d’hébreu, de suédois, de tchèque, de slovaque, de bulgare, de roumain, de turc, de coréen, d’ouzbek, d’ukrainien, de schwyzerdütsch et de nombreuses autres langues, dans les salons de formation lumineux et chaleureux avec vue panoramique sur les montagnes et le Jet d’eau, en plein centre de Genève, avec horaires à la carte entre 7h et 22h – 7 jours sur 7.

 

En 80 leçons!

 

«Le tour d’une langue en 80 heures» est une méthode d’enseignement de langues rapide et efficace, qui permet d’apprendre une langue étrangère en un temps record, dans une atmosphère détendue et stimulante, grâce à des pédagogues professionnels et chaleureux qui savent motiver leurs élèves. Nos professeurs – tous de langue maternelle – élaborent un programme personnalisé à l’intention de chaque apprenant en fonction de son niveau, de son rythme, de ses lacunes, de ses objectifs et de ses besoins spécifiques. La grammaire, présentée de manière pragmatique dans le cadre d’échanges vivants et stimulants entre l’élève et son professeur, est intégrée par l’élève comme un ensemble de raccourcis facilitateurs et pratiques. Un apprenant débutant atteindra un niveau de communication de base au bout d’une vingtaine de leçons et un niveau avancé au terme du programme complet de 80 leçons. Lorsque l’étudiant a déjà des connaissances dans la langue choisie, un programme entre 20 à 60 leçons, à déterminer selon son niveau, sera suffisant pour qu’il atteigne son objectif.

 

Quel est le secret d’une telle méthode?

 

Pour concevoir une telle méthode, nous avons dû remettre en question un certain nombre de croyances et préjugés en matière d’enseignement des langues, explique Judit Varadi. En effet, en pédagogie, la plupart des erreurs découlent de convictions et d’idées reçues qui sont devenues des évidences, alors qu’elles sont contre-productives et inhibent les apprenants dans leur envie et capacité d’apprendre. Grâce à des recherches pointues dans les domaines de la linguistique, de la didactique et de la pédagogie, nous avons mis au point une méthode d’enseignement des langues stimulante et motivante, à la fois spontanée et structurée, qui place l’élève au centre de l’apprentissage et démontre que nos capacités d’apprendre sont bien plus importantes que nous ne le pensons.

 

Diplôme de Secrétariat en quelques mois

 

Dans le même esprit pédagogique, l’Ecole Varadi propose des formations professionnelles. Des programmes accélérés de 3 à 12 mois préparent aux Diplômes de Secrétariat et de Secrétariat de Direction en français et en anglais et permettent d’élaborer des stratégies de réussite, d’apprendre à se positionner sur le marché du travail, de maîtriser le stress et de communiquer de manière efficace. Ces formations peuvent être combinées avec des cours de français pour les étudiant(e)s qui ne sont pas de langue maternelle française. ■

 

 

E t   s i   n o t r e   m e i l l e u r   p a r t e n a i r e   p o u r   l ’ é d u c a t i o n

d e   n o t r e   e n f a n t   é t a i t….   n o t r e   e n f a n t ? 

 

Aucune époque dans l’histoire n’a été aussi accélérée, aussi complexe, aussi mouvementée et aussi riche en informations foisonnantes et souvent contradictoires que la nôtre. Si cette extraordinaire abondance d’informations permet d’accéder à beaucoup de connaissances utiles, elle est en même temps source de désarroi, de désorientation et d’inquiétude.

 

Dans notre monde traversé par de rapides et profondes mutations et assujetti à des exigences de performance de plus en plus contraignantes, comment entendre et comprendre les difficultés que vivent nos enfants, comment prévenir et combattre l’échec scolaire, comment reconnaître et interpréter les souffrances à l’école ou dans la famille, comment comprendre et résoudre les problèmes d’apprentissage et de comportement?

 

Notre rubrique se propose de partager les questions souvent évoquées par des parents inquiets et soucieux de bien faire et de questionner des pratiques et idées auxquelles nous nous sommes habitués au point qu’elles nous paraissent des évidences: la motivation – démotivation et remotivation – ou comment apprendre à apprendre, la confiance en soi, la discipline, le redoublement – est-ce une mesure utile ou contre-productive? – les retenues et autres punitions, le TDAH, les difficultés scolaires de beaucoup d’enfants particulièrement intelligents, le pouvoir des adultes à faire réussir ou échouer un enfant, la confiance, le mensonge, la souffrance scolaire qui prend des dimensions inquiétantes, la tendance contemporaine à «pathologiser» les comportements, qui enferme beaucoup d’élèves dans diverses catégories de «troubles de l’apprentissage ou du comportement» et toutes les questions que vous vous posez au sujet de l’éducation, de la réussite et du bonheur de votre enfant.

 

Embourbées dans un débat binaire et simplifi cateur entre un système d’éducation autoritaire et une approche pédagogique peu hiérarchisée, les réfl exions sur l’éducation se réduisent souvent à un choix idéologique entre le retour à un système rigide, basé sur la valorisation de l’effort et de la discipline, hérité de l’école traditionnelle, et une approche plus souple et plus permissive, valorisant la spontanéité, la créativité et favorisant le plaisir d’apprendre.

 

Il serait intéressant de combiner les aspects constructifs de ces deux orientations pédagogiques, considérées comme diamétralement opposées, pour créer des lieux d’apprentissage et d’éducation à la fois exigeants et chaleureux, performants dans la transmission des connaissances tout en favorisant la créativité, et capables de former des personnalités autonomes, épanouies, créatives et responsables.

 

En effet, découverte ludique et effort d’apprendre ne s’excluent pas, mais se complètent en se stimulant réciproquement, de même que plaisir et travail ne s’opposent pas, mais se renforcent mutuellement.

 

Une ambiance de travail ouverte et chaleureuse n’exclut pas la discipline, si cette discipline est basée sur le respect de règles qui font sens et qui sont bien expliquées et non pas sur l’obligation de se soumettre à une autorité. En écoutant un enfant vraiment, sans préjugés, sans critiques et sans attentes à son égard, mais en s’adressant à lui avec sincérité, réel intérêt et estime, on trouve en général avec lui la clef de solutions adéquates. ■

 

Judit Varadi 

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 871 • 29 septembre 2017

 

 

A p p r e n d r e   a u t r e m e n t

 

L’ Ecole Varadi, fondée il y a 34 ans, propose des solutions pédagogiques novatrices et personnalisées aux enfants et adolescents, afin de prévenir et combattre l’échec scolaire et de résoudre les problèmes d’apprentissage et de comportement.

 

Cours de vacances à Genève: combler les lacunes scolaires tout en s’amusant

 

Comment dire à son ado que pendant les vacances d’été, il devrait suivre des cours de soutien scolaire pour commencer l’année prochaine avec des bases solides dans les matières qui lui posent problème? Il trouvera qu’une telle proposition est de l’abus de pouvoir, ou en tout cas une idée bien ringarde et conventionnelle.

 

Pour surmonter ce dilemme qui anime souvent les discussions dans les familles à l’approche de la fin de l’année scolaire, nous avons conçu des programmes d’été amusants et enrichissants, permettant aux jeunes d’améliorer leur connaissances des langues de manière significative et de combler leurs lacunes scolaires dans toutes les matières, tout en passant des vacances inoubliables.

 

Vacances à Genève en allemand

 

«Les vacances d’été en allemand» ont été conçues pour que les enfants et adolescents puissent les vivre comme de vraies vacances, pendant lesquelles ils sont en permanence en situation de communication en allemand, dans le cadre d’activités stimulantes et ludiques.

 

L’apprentissage de l’allemand ne sera pas imposé comme un but en soi, mais sera vécu par les jeunes comme un processus naturel qui leur permet de vivre en allemand à Genève et de participer à des activités amusantes et motivantes. Point de listes de vocabulaire, point de théories grammaticales rébarbatives, mais un entraînement à la communication au travers d’échanges authentiques sur des sujets passionnants.

 

Nos professeurs, formé(e)s à la Méthode Varadi, enseignent leur langue maternelle et créent des programmes basés sur de véritables échanges, amenant leurs élèves à acquérir spontanément les nouvelles connaissances dans le cadre d’échanges naturels sur des sujets qui font sens pour eux.

 

Après quelques semaines riches en découvertes et en rencontres, votre enfant se sentira à l’aise en allemand et abordera la rentrée avec confiance.

 

Ce programme est proposé également en anglais, en espagnol, en italien, en russe et en 28 autres langues.

 

Combler les lacunes scolaires et retrouver la confiance en ses capacités

 

Des programmes de remise à niveau permettent de combler les lacunes scolaires dans toutes les matières, à travers des activités amusantes et valorisantes qui feront oublier découragement et ennui. Il est primordial que les élèves découvrent le plaisir d’apprendre et retrouvent la motivation, car on ne peut pas transmettre du savoir sans redonner d’abord confiance à l’élève en ses capacités.

 

Nos professeurs expérimentés offrent des cours d’appui de mathématiques, de chimie, de physique, de biologie, d’histoire, de littérature, de philosophie, de toutes les matières scolaires et de toutes les langues. Au bénéfice d’une riche expérience pédagogique, nos enseignants transforment l’apprentissage en véritable plaisir intellectuel, transmettant à leurs élèves les connaissances de manière stimulante et motivante, créant ainsi une relation positive avec les matières étudiées.

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 855 • 8 mai 2017

 

 

S o u f f r a n c e   s c o l a i r e  :  r e p e n s o n s   l ' é c o l e !

 

La souffrance scolaire, dont une forme dramatique est la phobie scolaire, est une double souffrance: souffrance causée par la peur, par l’angoisse suite à des agressions, violences, harcèlements de ses pairs ou suite au sentiment de ne pas être considéré, compris, reconnu par ses enseignants, d’être mis dans des catégories dans lesquelles on ne se reconnaît pas, d’être diagnostiqué comme étant atteint de divers troubles grâce à la tendance contemporaine de «pathologiser», qui enferme beaucoup d’élèves dans les catégories «TDAH» «dyslexie» et autres «troubles de l’apprentissage ou du comportement». En outre, cette souffrance n’est pas reconnue, pas comprise, pas interprétée de manière adéquate; on ne cherche pas à en comprendre les causes réelles, mais on met sur les épaules de l’enfant qui souffre la responsabilité de cette souffrance, le soupçonnant de complaisance, lui reprochant de manquer de volonté, l’étiquetant comme étant atteint de divers troubles, voire psychiquement malade.

 

Si pour une large majorité d’élèves – 73% à 82,5% d’après diverses statistiques – l’école est davantage un lieu de stress, d’inquiétude, de souffrance qu’un lieu de plaisir, il faut y ajouter le fait que les enfants en échec scolaire ont peu de chance d’être valorisés dans d’autres domaines, car on ne demande rien d’autre aux enfants, dans nos sociétés, que de bien travailler à l’école. Ces enfants «pas scolaires» ne seront en général pas félicités pour d’autres qualités, par exemple parce qu’ils sont créatifs, sensibles, généreux, malins, curieux, insoumis, authentiques. Cela rend l’échec scolaire particulièrement grave et dramatique, bien au-delà de l’importance réelle du fait que l’enfant ne réussisse pas à l’école.

 

L ‘idée de nombreux parents selon laquelle la réussite de leur enfant dans la vie dépendrait de sa réussite à l’école est à vérifier, comme le montre l’exemple de nombreux cancres illustres, parmi lesquels Thomas Mann, prix Nobel de littérature, qui parlait de «l’atmosphère stagnante et frustrante» de l’école, Winston Churchill, qui fut placé dans une classe de niveau inférieur pour «esprits lents» – que nous appellerions aujourd’hui une classe de rattrapage, ou Gandhi, qui disait que ses années passées à l’école «furent les plus misérables de son existence», qu’il n’avait aucune aptitude pour apprendre et avait rarement apprécié ses professeurs et qu’il aurait mieux fait de ne «jamais aller à l’école».

 

L’école finlandaise, en tête des classements Pisa, est un exemple qui démontre que l’école peut être un lieu où les élèves se sentent bien tout en réalisant de bons progrès scolaires. Il est vrai que la Finlande a attaché beaucoup d’importance à la formation de ses enseignants.

 

L’échec scolaire est l’échec de l’enseignement, mais il est en général considéré comme l’échec de l’élève, qui le vit comme tel. L’échec ou la peur permanente de l’échec entretenue par des exigences standardisées et rigides d’un système scolaire de plus en plus compétitif et contraignant, constituent le facteur principal qui démobilise et démotive les élèves. L’attitude d’un enfant «réfractaire à l’apprentissage» ou «perturbateur» est moins un trait de caractère qu’une réaction à des faits réels.

 

 Or, les élèves ayant perdu confiance en leurs capacités retrouvent rapidement cette confiance lorsqu’ils se trouvent dans une relation constructive et rassurante avec des pédagogues qui reconnaissent leurs qualités et savent construire de nouvelles compétences, à partir des connaissances que ces élèves ont déjà. Je n’ai jamais rencontré d’enfants ou d’adolescents qui ne pouvaient pas être remotivés.

 

 Judit Varadi

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 737 • 26 septembre 2016

 

 

C r é p u s c u l e   d u   b o n   s e n s

 

"Les évidences sont des prisons de l’esprit dont les portes sont cadenassées par les habitudes".

Les formidables avancées scientifiques des dernières décennies ont révolutionné la médecine et ont apporté des solutions novatrices et souvent salvatrices dans de nombreux domaines. Ces impressionnantes performances techniques contribuent toutefois en même temps à développer une très grande confiance dans les affirmations de nature technique, multipliant les croyances pseudo-scientifiques basées sur des argumentations en apparence rationnelles et par là suffisamment efficaces pour parvenir à mettre en doute la valeur du «simple» bon sens.

 

Ce bon vieux «simple bon sens» n’est pas aussi simple qu’il y paraît!

 

En ce début de XXIe siècle, nous avons tendance à faire plus facilement confiance à des tests et évaluations chiffrées qu’à nos propres observations et réflexions basées sur notre bon sens.

 

Lorsque l’on décrète, s’appuyant sur une panoplie de tests, qu’un enfant souffre de problèmes de concentration, le simple bon sens dicterait aux parents de mettre cette information en rapport avec leurs propres observations. La plupart des parents racontent en effet que leur enfant diagnostiqué comme souffrant du trouble de déficit de l’attention TDA(H) s’adonne à la maison pendant de longues heures à des activités qui requièrent une grande concentration, mais qu’à l’école, il ne peut pas se concentrer pendant certains cours. Il s’avère que ces cours sont ennuyeux. Donc l’élève s’ennuie pendant un cours qui est ennuyeux.

 

Il se pourrait également que son esprit soit envahi par des préoccupations qui dévient son attention du cours; il s’agirait donc plus d’excédent que de «déficit» d’attention…

 

Si notre enfant ou notre ado poursuit pendant des heures des activités qui l’intéressent, il ne peut souffrir des pathologies évoquées, quelle que soit l’importance de l’arsenal de pièces à conviction mis en place pour diagnostiquer ces «pathologies».

 

Des mythologies pseudo-scientifiques s’imposent ainsi en tant que vérités scientifiquement prouvées et envahissent de plus en plus les domaines de la santé et de l’éducation. Ces deux domaines se superposent et s’entrecroisent par ailleurs de plus en plus, justement à cause de la généralisation de telles croyances.

 

Enseigner, est-ce tester ou motiver?

 

Dans le domaine de l’éducation, l’utilisation systématique de moyens technicisés prévus pour mesurer, contrôler et étiqueter le potentiel et les comportements des enfants a pris le pas sur la volonté d’aider les enfants à se développer au mieux à leur rythme et sur la volonté de comprendre ce que les enfants expriment avec leurs comportements jugés problématiques.

 

Si de plus en plus de parents aimants et responsables sont désorientés au point qu’ils ne se sentent plus capables ni autorisés à porter un jugement autonome sur les capacités, compétences et besoins de leurs propres enfants, c’est qu’ils subissent des conditionnements et moyens de pression auparavant inimaginables. Si la multiplication des diagnostics de «troubles de l’apprentissage et/ou du comportement» ainsi que la souffrance scolaire qui l’accompagne, cachent certainement des dysfonctionnements du système scolaire, des intérêts financiers et des incompétences, ces facteurs ne sauraient créer les situations dramatiques de souffrance scolaire auxquelles nous assistons si on ne parvenait pas par ailleurs à faire croire aux parents que leurs observations et opinions concernant leur enfant ne font pas le poids face à des tests, évaluations et diagnostics présentés comme étant scientifiques et donc irréfutables.

 

Judit Varadi

logo-pdf  Tout l'Emploi & Formation • no 804 • 21 mars 2016

 

 

C i n q   q u e s t i o n s   à   J u d i t   V a r a d i ,

F o n d a t r i c e   d e   l ’ I n s t i t u t   d e  L a n g u e s   V a r a d i    S . A .

 

Linguiste et pédagogue formée à la Sorbonne et à l’Université de Genève, Judit Varadi a élaboré une méthode pédagogique novatrice et motivante permettant d’apprendre une langue étrangère en un laps de temps très court. Au bénéfice de formations en sciences humaines, psychologie, pédagogie et sociologie dont celle de l’approche interactionnelle de Palo Alto de l’Institut Gregory Bateson, représentant officiel du Mental Research Institute de Palo Alto, Judit Varadi…  lire la suite

 

 

N o t r e   s o c i é t é   h y p e r a c t i v e   t o l è r e   m a l   l ’ h y p e r a c t i v i t é

 

Depuis quelques années enseignants et parents démunis face à des enfants turbulents se tournent vers la ritaline pour soigner les TDAH – troubles de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Appelé également la «cocaïne des enfants» et la «pilule de l’obéissance», ce produit proche des amphétamines est administré à un âge de plus en plus jeune à des enfants de plus en plus nombreux.

 

Les ventes de la Ritaline explosent, bien que ses effets secondaires soient dénoncés par un grand nombre de médecins qui contestent son efficacité à long terme et la considèrent comme «une béquille chimique» qui permet à certains enfants de s’adapter aux exigences scolaires et sociales qui leur sont imposées. Si certains parlent d’une maladie inventée, je pense que le mode de fonctionnement appelé TDAH et considéré comme une pathologie est plutôt provoqué par des facteurs d’ordre sociologique, pédagogique, idéologique et environnemental.

 

Analysant le contexte social dans lequel le phénomène se développe avec une impressionnante rapidité, une des hypothèses que nous pouvons faire est que les sujets concernés font preuve d’une hyper-adaptation à des nouvelles sollicitations et réalités sociales et psychologiques.

 

Nous assistons, depuis quelques décennies, à une formidable accélération et multiplication des activités et stimulations de toute nature et observons parallèlement un consensus sur l’exigence de réactions immédiates à toute sollicitation.

 

Sans nous en apercevoir, nous élaborons de nouveaux modes de fonctionnement, qui nous permettent d’être impliqués, intellectuellement et émotionnellement, dans plusieurs activités simultanément. De nouvelles réalités techniques et sociales nous invitent à une forme d’hyperactivité. Parallèlement, une conception de la normalité de plus en plus figée, unidimensionnelle et rigide, conduit à l’étiquetage scolaire, social et psychiatrique sur la base de critères variablement pertinents et examinés toujours hors de leur contexte global.

 

Non sans rapport avec cette hyper-normativité de l’école, le culte de l’excellence gagne de plus en plus les familles. Pas l’excellence qui encourage la découverte et la créativité, mais la recherche angoissée d’une excellence basée sur la compétition, les bonnes notes et la conformité aux exigences scolaires et sociales de toute nature.

 

Manque de patience…

 

On observe parallèlement une baisse significative de la tolérance face à toute incommodité et tout dérangement: bruit, mouvement, désordre, agitation ou rêverie, considérés banals et normaux de la part des enfants, par le passé.

 

Oubliant que l’élève est un enfant, on dramatise souvent ses comportements et on ressent comme une blessure égotique s’il griffonne sur son livre au lieu de nous écouter.

 

Symptôme d’une société engagée sur le chemin d’une robotisation générale et progressive qui tolère mal les écarts des standards de comportement qu’elle décrète, l’inaptitude à s’adapter aux cas particuliers devient la norme et la médicalisation remplace les solutions souples et individualisées, qui très souvent seraient très simples, très peu coûteuses et facilement disponibles.

 

Les familles que j’avais rencontrées se sentaient acculées à choisir entre deux solutions inacceptables: entre les risques potentiellement graves d’un traitement médicamenteux et celui d’un échec scolaire exposant leurs enfants au découragement, à la désocialisation et aux conduites à risques qui pourraient compromettre leur future intégration sociale.

 

La Ritaline, solution de facilité

 

De nombreux psychiatres et médecins considèrent le recours à la Ritaline ou à d’autres psychostimulants comme une solution rapide qui, sans résoudre le problème, aide l’enfant à faire face aux exigences scolaires dans l’immédiat. Ces spécialistes pensent qu’un encadrement psychopédagogique adéquat représenterait une solution à long terme et sans effet secondaire.

 

Bien que les effets secondaires à moyen et long terme divisent les spécialistes, on évoque des risques sur le plan cardiovasculaire, neurologique et psychiatrique, de même que ralentissement de la croissance, perte de poids, agitation, nervosité, anxiété, troubles du sommeil… et la liste est encore longue.

 

Les enfants et adolescents confronté(e)s aux troubles de déficit d’attention que nous avons rencontrés se sont tous révélés capables de se concentrer lorsqu’ils se trouvaient au centre de l’apprentissage, lorsque l’enseignant avait su donner du sens aux tâches à réaliser, éviter la répétition et l’ennui, encourager la créativité, accepter la mobilité physique et intellectuelle, et valoriser leurs qualités, leur curiosité et leurs compétences.

 

Lorsque l’élève se sent compris, reconnu comme un individu unique et non pas enfermé dans une catégorie donnée ni étiqueté d’une quelconque manière, lorsque l’on tient compte de ses besoins spécifiques, son comportement et ses facultés d’apprentissage ne posent pas de problème. Cela suppose un encadrement pédagogique et familial souple, mais structuré, compréhensif mais exigeant, chaleureux, serein et encourageant, apte à redonner confiance à l’élève dans ses capacités, à l’aider à gérer ses particularités et à lui redonner goût à l’étude.

 

Une question fondamentale se profile derrière ces phénomènes: devons-nous recourir à tous les artifices disponibles pour nous conformer à toutes les exigences de l’école et du monde du travail, ou devons-nous envisager des solutions novatrices et adaptées aux nouvelles réalités de notre monde, traversé par des changements si profonds et si rapides que l’on peut parler d’une civilisation nouvelle?

 

Judit Varadi

logo-pdf  Tout l’emploi & formation • no 597 • 15 Juillet 2013

 

 

R ê v o n s   e n s e m b l e   u n e   é c o l e   d u   X X I e   s i è c l e !

Ce n’est pas parce que l’on est innocent que l’on n’est pas responsable.

 

L’école est cet endroit familier ou redoutable où nous déposons nos enfants les matins. Ils y passeront la plus grande partie de leur temps éveillé pour le meilleur ou pour le pire. Ils rentreront jour après jour, enthousiastes ou désespérés, curieux ou léthargiques, arboreront une radieuse confiance en eux ou perdront leur estime d’eux-mêmes dans de douloureux découragements.

 

L’école est aussi l’instrument principal de reproduction de la société véhiculant les messages, valeurs et connaissances qui forment aujourd’hui les femmes et les hommes de demain.

 

Depuis quelque temps, le débat sur l’école a tendance à s’embourber dans un schéma simplificateur réduisant les nombreuses options éducatives possibles à une alternative caricaturale entre le retour à un système rigide, basé sur la discipline et l’effort, attribué à l’école traditionnelle et une approche ludique et permissive sur fond d’interdit d’interdire associée à des tendances libérales plus contemporaines.

 

Or, au-delà de ces deux styles pédagogiques diamétralement opposés, l’école pourrait être un lieu où l’enfant va avec plaisir, un lieu à la fois exigeant et chaleureux, performant dans la transmission des connaissances et capable de former des personnalités autonomes, créatives et responsables.

 

Pour cela, il faudrait repenser l’enseignement de manière à la fois novatrice et respectueuse des meilleures traditions pédagogiques et réinventer l’école pour l’adapter aux besoins de nos enfants et de notre époque.

 

En effet, plaisir et travail ne s’opposent pas, au contraire, plus on a du plaisir à faire quelque chose, mieux on le fera.

 

Découverte ludique et effort d’apprendre ne s’opposent pas davantage et peuvent se compléter en se stimulant réciproquement.

 

Bonne ambiance et discipline ne s’opposent pas non plus, car on respecte plus volontiers des règles dont on comprend les raisons et l’utilité que l’on ne se plie à des ordres venant d’une autorité.

 

Pour être respecté, il faut être respectable

 

La question de la discipline, principal leitmotiv de tous les débats sur l’école, serait en grande partie solutionnée si les enseignants bénéficiaient d’une formation pédagogique de qualité, favorisant l`éclosion de personnalités polyvalentes, capables d`autonomie de pensée et conscients du rôle central de l’école dans la vie des écoliers et du pouvoir quasi absolu dont un enseignant dispose et qui lui permet de faire réussir ou échouer, de rendre heureux ou malheureux ses élèves. Des enseignants compétents et sincèrement concernés par la formation des jeunes qui leur sont confiés, sachant présenter leur programme de façon souple et stimulante dans une ambiance chaleureuse, respectueuse et ouverte, osant encourager le dialogue et la créativité sauraient assurer les conditions d’un travail exigeant et la discipline que cela suppose.

 

Un autre aspect rendant la position des enseignants fragile face à leurs élèves consiste dans leurs connaissances fragmentaires des disciplines et programmes qu’ils enseignent. Pour capter l’attention des élèves et susciter leur enthousiasme, l’enseignant devrait maîtriser plusieurs disciplines, proposer des perspectives d’ensemble, pouvoir passer d’un sujet à l’autre et être suffisamment sûr de ses compétences pour oser autoriser des échanges ouverts avec les élèves sur toutes les questions. Je n’ai jamais vu d’élèves s’ennuyer pendant un cours intéressant et l’ennui exprimé par les élèves pourrait être utilisé comme un signal bienfaisant permettant à l’enseignant de repenser sa façon de donner son cours.

 

Les évidences cachent la vérité

 

Certaines pratiques au sein du système scolaire actuel sont considérées naturelles et nécessaires et à force de les utiliser depuis longtemps, nous les considérons "évidentes".

 

Une de ces "évidences" consiste à maintenir les matières enseignées, alors que les changements rapides survenus au cours des dernières décennies au sein de nos sociétés exigeraient des adaptations en profondeur.

 

Autre phénomène parmi ces "évidences" est la pratique relativement ?tendue du redoublement.

 

Le redoublement est l’échec de l’école

 

Diverses études ont mis en évidence que le redoublement provoque en général plus de difficultés supplémentaires d’apprentissage qu’il ne permet de "rattraper" des connaissances et que les hypothétiques bénéfices que les enfants concernés pourrait tirer du redoublement ne sont pas réels. Les retombées psychologiques négatives d’une telle démarche – perte de confiance en soi, découragement, sentiment d’humiliation, séparation des camarades et de la collectivité formée par sa classe, se retrouver avec des enfants d’une classe d’âge différente – sont très lourdes par rapport aux effets positifs espérés.

 

Le redoublement est une mesure présentée comme visant à préserver l’intérêt de l’élève redoublant, cependant sa fonction réelle consiste la plupart du temps à éloigner ce dernier de la classe dont il faisait partie permettant ainsi à l’institution scolaire de faire économie des mesures pédagogiques et sociales qui auraient été nécessaires à la réussite de son intégration.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

R ê v o n s   e n s e m b l e   u n e   é c o l e   d u   X X I e   s i è c l e   –   s u i t e

 

L’approche pédagogique

 

En l’absence d’idées réellement novatrices au cours des dernières décennies, le débat sur l’école reste cantonné dans des discussions virulentes entre les adeptes d’une école traditionnelle prônant les vertus de l’effort et de la discipline et les partisans d’une école ludique, encourageant davantage la créativité et l’expression libre de la personnalité que l’acquisition structurée de connaissances.

 

Bien que ces deux positions semblent préconiser des approches diamétralement opposées, elles ne sont pas nécessairement incompatibles et peuvent même devenir complémentaires grâce à une démarche pédagogique souple et réfléchie, sachant choisir dans chaque situation spécifique le style pédagogique le plus adéquat.

 

L’école est en crise

 

Sur ce constat tout le monde est d’accord. 
Or la crise que traverse l’école est le reflet d’une crise générale des valeurs dans la société et ne peut pas être solutionnée indépendamment de celle-ci.

 

La génération des enfants d’aujourd’hui est élevée par des générations d’adultes qui ont traversé une période de radical ébranlement des valeurs morales et sociales.

 

Le désarroi de ces générations explique peut-être les nombreuses et tâtonnantes tentatives de rénovation de l’institution scolaire dont les échecs successifs finissent par provoquer une crise de confiance à l’égard du système scolaire tout entier.

 

Comment imposer par exemple des exigences de compétence en orthographe alors qu’il n’y a pas de consensus sur le bienfondé d’une telle exigence ?

 

Comment faire respecter des règles de comportement qui ne sont pas légitimées par les éducateurs de manière univoque ?

 

La violence en milieu scolaire est souvent banalisée

 

Tandis que les violences des élèves sont considérées comme des symptômes habituels de l’adolescence ou l’expression du mal être de la famille, la violence symbolique véhiculée par le comportement des enseignants est en général totalement ignorée.
La prise en compte du rapport de domination intrinsèque à toute démarche de formation est primordiale dans la réflexion en vue de l’élaboration d’un modèle de vie scolaire de qualité, harmonieuse et efficace. 
 

La violence exprimée de manière explicite, parfois spectaculaire des élèves est souvent une réponse à la violence implicite, souvent silencieuse des maîtres.

 

Dire ou suggérer à un élève – qui est un être en train de se construire – "tu n’y arriveras jamais" a un impact destructeur et démotivant, or des remarques de cette nature sont quotidiennes. 
Renvoyer un élève de la classe – pratique courante et tacitement accepté – est un acte contre productif et violent qui coupe le dialogue entre maître et élève encore davantage. 
C’est par ailleurs un aveu d’impuissance pédagogique de la part de l’enseignant.

 

Le savoir se construit en collaboration à travers un rapport de confiance

 

Il est également primordiale de reconnaître que la motivation de l’élève est déterminée dans une large mesure par le savoir faire pédagogique du maître, par son aptitude à faire confiance tout en restant exigeant.

 

Face aux échecs, la démotivation, la violence des élèves la tendance est de baisser les exigences. Or, ce sont les manières choisies pour faire respecter les exigences par les élèves qui devraient être reconsidérées.

 

Il est moins impératif d’opter pour un modèle scolaire monolithique et facile à justifier sur le plan politique que de mettre à profit les avancés importants réalisés au cours de ces dernières années dans les domaines de la psychologie et des sciences de la communication. 
Ce sera le sujet de notre prochain article, consacré à la formation des enseignants.

Judit Varadi

Diva International

 

 

R ê v o n s   e n s e m b l e   u n e   é c o l e   d u   X X I e   s i è c l e   !   s u i t e   e t   f i n

 

La formation des enseignants

 

La formation des enseignants est le troisième facteur déterminant la qualité de l’école que ce soit sur le plan de l’efficacité de la transmission des savoirs, de la qualité des relations interpersonnelles ou sur le plan de l’équilibre et épanouissement de chaque élève.
Ce facteur humain est probablement le plus important. En effet, un excellent enseignant peut dispenser des cours de qualité même dans le cadre d’un système scolaire défaillant qui impose des programmes et des approches pédagogiques médiocres.

 

La formation commence par le recrutement et la sélection. 
Actuellement la sélection est basée essentiellement sur des critères académiques et formels, les qualités personnelles sont rarement prises en compte. Pourtant ce sont des traits de caractère comme la souplesse, l’adaptabilité, la créativité, la bienveillance, l’équilibre, la confiance en soi, l’autorité naturelle, le sens de l’équité, une haute exigence morale qui prédisposent les candidats à faire face à leurs responsabilités d’enseignant avec succès.

 

Le rôle de l’enseignant est déterminant

 

Prendre conscience de l’importance du rôle de l’enseignant dans la vie de ses élèves, reconnaître le rapport de force implicite dans toute acte d’éducation, prendre en compte que la motivation de l’élève dépend dans une large mesure des qualités pédagogiques et humaines de l’enseignant sont les bases nécessaires de toute pratique pédagogique.
Ces constats exigent une grande honnêteté et un certain courage. En effet, s’il est primordial de reconnaître que la motivation de l’élève est déterminée par le savoir faire pédagogique du maître, par sa capacité de capter l’attention des élèves et leur transmettre la passion pour la connaissance, par son aptitude à faire confiance tout en restant exigeant, cela signifie que le maître reconnaît son rôle et sa responsabilité dans l’évolution de la vie présente et future de ses élèves. C’est cet aspect de haute responsabilité du travail pédagogique qui est l’argument principal pour la valorisation de la profession d’enseignant, plus que les aspects matériels et sécuritaires (salaire, vacances, sécurité de l’emploi).

 

On mémorise mieux les informations qui ont pour nous du sens

 

Former les enseignants pour qu’ils puissent mobiliser les élèves autour de thèmes ou activités qui ont pour eux du sens, organiser des cours autour des fils conducteurs liés à des activités ciblées permet d’optimaliser les apprentissages.

Des études neurobiologiques récentes ont montré que l’on retient plus facilement les informations qui ont un sens pour nous.

Il importe également de créer des liens entre les connaissances et expériences déjà existantes et les nouvelles connaissances à acquérir.

 

Eduquer ou formater ?

 

Au nom de l’équité, les enseignants sont encouragés à opter pour des démarches normatives visant à conditionner les classes à atteindre un niveau commun minima au détriment des élèves plus créatifs, plus rapides ou moins scolaires. 
Les enseignants devraient être préparés à prendre en charge les élèves individuellement, les encourager à évoluer selon leurs possibilité, leur permettre de donner le meilleur d’eux mêmes sans les comparer les uns aux autres. Cela suppose d’être préparé non pas à suivre des protocoles mais à s’adapter à des situations données aussi diverses ou atypiques soient-elles.

 

Préparer les nouvelles générations d’enseignants à devenir des éducateurs aptes à faire éclore la personnalité de chaque élève et non pas de formater des individus selon des modèles standardisés est une tâche complexe et exigeante. 
Assurer une formation de qualité aux futurs enseignants ne requière pas d’augmentations budgétaires mais la remise en question de nombreux préjugés et le renoncement à des positions idéologiques dépassées.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

S ’ i l   t e   p l a î t . . .   s i n o n . . .   r i e n 

 

Je viens de recevoir une facture d’un montant de 20.- fr. libellée de la manière suivante : "Si votre paiement ne nous parvient pas avant le 18 janvier 2007, nous serons dans l’obligation de vous éliminer de l’Institut pour défaut de paiement." 20.- fr – c’est si peu…et pourtant je serai éliminée, si…. La formulation me paraît violente, excessive, comique.

 

L’habitude s’est répandue dans la société, dans les écoles et dans les familles, de demander quelque chose en annonçant immédiatement et préventivement les mesures de représailles en cas de non obéissance.

 

Finis tes devoirs, sinon pas de télé !

 

Termine ton plat, sinon pas de dessert !

 

Concentre-toi, sinon tu ne passeras pas l’année !

 

Des messages ainsi formulés ne laissent pas l’opportunité à l’enfant de répondre positivement à notre demande par simple bienveillance ou par pur plaisir de faire plaisir, car ils reviennent à dire : " fais ce que je te demande, sinon, je saurai te contraindre à le faire ! "

 

Cette manière de demander ne correspond pas à une véritable demande mais à l’annonce d’une contrainte et s’il y a contrainte, l’enfant n’a plus la possibilité de répondre positivement et de sa propre initiative.

On ne peut pas obéir en toute liberté, spontanément, sincèrement, sous la menace.

 

Ranger sa chambre pendant des heures quand on a 12 ans pour faire une surprise à sa mère, pour le plaisir de voir son sourire radieux illuminer son visage dans l’entrebâillement de la porte à son retour du travail, n’est pas la même chose que ranger sa chambre sous la menace de ne pas recevoir d’ argent de poche pendant une semaine.

 

Juste pour le plaisir

 

Mais pourquoi supposer que mon enfant ou mon contemporain que je côtoie dans mon travail, dans la rue, dans une administration ou dans une grande surface ne voudra pas répondre positivement à ma demande juste pour le plaisir de m’être agréable ?

 

Les véritables raisons qui poussent les individus à adopter préventivement des attitudes d’autodéfense résident dans leur sentiment d’impuissance et dans leur croyance que l’on ne leur obéira que s’ils feront savoir d’emblée qu’ils ont les moyen de se faire obéir.

 

Le problème majeur résultant de cette attitude d’autodéfense préventive consiste dans le fait qu’en supposant que l’enfant n’obéira que sous la contrainte, nous le privons de la possibilité de dire oui à notre demande par sa propre bonne volonté et nous lui donnons l’impression que nous n’avons pas confiance en lui.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

S e c o n d   L i f e   :   a p p r e n d r e   s a n s   f r o n t i è r e s

 

Second Life (ci-après SL) est un monde virtuel en trois dimensions imaginé et créé par ses résidents, représentés par leurs avatars, leurs alter egos, acteurs interactifs téléguidés par leurs utilisateurs. Grâce à SL, fréquenté par dix millions d’utilisateurs, vous pouvez participer à un événement où que vous vous trouviez dans le monde et intervenir en direct dans les discussions et échanges, comme si vous y étiez… lire la suite

Diva International

 

 

D e   l a   g i f l e   à   l a   r i t a l i n e   :   a v e u x   d ' i m p u i s s a n c e   e t   c r i m e s   d ' i n c o m p é  t e n c  e

 

Le principe des châtiments corporels en tant que moyens éducatifs ne sera contesté que vers la fin du XVIIIe siècle, avec l’apparition d’une nouvelle vision de l’enfant qui sera considéré désormais comme une vraie personne en devenir, porteur d’une humanité et d’une sensibilité réelle et en tant que tel, un sujet digne de respect. Dès lors, l’éducation aura pour objectif de lui permettre de réaliser ses potentialités, par opposition aux moyens coercitifs et de dressage qui étaient le lot des enfants des époques antérieurs.

 

Le renoncement aux punitions corporelles semblait un acquis et une évidence pendant les dernières décennies du XXe siècle dans les pays démocratiques et nous en étions fiers et satisfaits, considérant que cela a été le signe que l’école et la société qu’elle représente ont atteint un niveau supérieur de civilisation.

 

Depuis quelques années des enseignants démunis face à des enfants turbulents demandent aux parents de mettre leurs enfants sous ritaline. Ce phénomène prend de l’ampleur, les cas d’enfants traités à la ritaline se multiplient et les pressions sur les familles se font de plus en plus importantes.

 

Depuis les années 1960 la ritaline est utilisée pour soigner le déficit d’attention et l’hyperactivité chez l’adulte et l’enfant.

 

Lorsque l’hyperactivité est le symptôme d’un problème interne biologique, l’effet du médicament est positif, mais les comportements des enfants considérés hyperactifs sont souvent des réactions à des problèmes extérieurs, familiaux, scolaires ou sociaux, et dans ce cas le médicament est fortement contre-indiqué.

 

En imposant l’administration de la ritaline à des enfants considérés ingérables sur la base d’appréciations subjectives d’enseignants variablement compétents, l’école impose des camisoles de force chimiques à des enfants dont le comportement ne rentre pas dans le cadre des schémas prévus.

 

Que diriez-vous si un chef d’orchestre médiocre vous invitait à vous faire introduire des implants auditifs pour que vous ne soyez pas gêné par sa production ?

 

Ou si des voisins déchaînés vous proposaient de vous mettre sous antidépresseur pour que vous puissiez supporter leur vacarme permanent ?

 

A force de normalisations successives, souvent au nom de principes d’équité et de recherche du bien commun, nous nous sommes engagés sur le chemin d’une robotisation générale et progressive où les individus n’ont pas à qui s’adresser pour avoir du soutien, des conseils ou même des simples informations et en même temps sont confrontés à des exigences de plus en plus sévères et de plus en plus standardisées aux sein des institutions scolaires.

 

Symptôme d’une société aux exigences rigides qui ne tolère pas des écarts des standards de comportement qu’elle décrète, l’inaptitude à s’adapter aux besoins des cas particuliers devient la norme et la médicalisation de toutes les manifestations de la vie remplace les solutions souples et individualisées.

 

Renoncer à la gifle, aux menaces physiques et punitions corporelles était le résultat d’une évolution qui nous a amenée à reconnaître dans l’enfant un être complet et sensible, digne de respect et méritant une éducation qui tient compte de ses besoins et de sa sensibilité. Une telle éducation supposait la capacité de le former, motiver, discipliner par des moyens pédagogiques aptes à le responsabiliser en douceur et surtout par l’exemple. Administrer de la ritaline à un enfant signifie que l’on ne parvient pas à influer sur lui par le dialogue, la communication et le soutien et que l’on opte pour des moyens chimiques.

 

Des enfants sont classés comme gravement perturbés et souffrant de troubles de comportement pour des agissements souvent banals qui en d’autres temps faisaient naturellement partie de la vie des collectivités scolaires.

 

Ainsi, si de la gifle à la ritaline, le chemin a été long, en terme d’humanité et de savoir-faire pédagogique, nous sommes de retour à la case départ.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

A v e n i r s   c a b o s s é s

 

"Il ne parviendra pas à rattraper"," il n’a pas les notes suffisantes pour passer l’année"," il n’arrivera pas apprendre à lire", "il faut le mettre dans une filière spécialisée", sont des verdicts fréquemment prononcés et souvent une de ces phrases suffit pour sceller le destin scolaire d’un enfant.

 

Laurence, pétillante jeune fille en 3ème année du collège, a rattrapé en dix jours un semestre de retard en mathématiques, peu après que son professeur lui annonça qu’avec sa moyenne de 2 elle n’avait aucune chance de passer l’année et lui recommanda de quitter le collège et chercher un apprentissage. Elle a réussi la Maturité avec brio, se passionna pour les sciences politiques et prépare actuellement un doctorat.

 

La maman de Marco, 6 ans, est très inquiète car la maîtresse de son petit garçon lui a annoncé que Marco ne pourra pas apprendre à lire. Une fois mis en confiance, Marco s’avère d’être un enfant vif et curieux et prend un réel plaisir à apprendre. Au cours des séances de lecture il fait des progrès impressionnants et au bout de 4 séances il lit comme les enfants de son âge en moyenne.

 

Un grand nombre d’enfants est obligé de répéter l’année pour des écarts minimes de note bien qu’il soit prouvé par de nombreuses études que faire répéter la classe à un élève n’est pas un moyen efficace pour le faire avancer et cause plus de préjudices que de bénéfices pour le parcours scolaire et pour l’évolution psychologique de l’écolier.

 

Prédire l’échec de quelqu’un, c’est le condamner à échouer

 

C’est ainsi que fonctionne le mécanisme de la prophétie auto réalisatrice. Si Laurence a pu rattraper en deux semaines six mois de retard en mathématiques, c’est parce qu’elle n’a pas accepté le verdict de son professeur qui l’a décrété incapable de passer l’année. C’est cette logique de défi qui lui a permis de progresser malgré les prévisions de son professeur. Marco a cru, suite à l’affirmation de sa maîtresse, qu’il ne pourra pas apprendre à lire, et devint effectivement incapable à le faire, jusqu’à ce qu’une tierce personne ne lui démontre le contraire.

 

La prophétie auto réalisatrice est une prévision, une hypothèse, une croyance qui se réalise parce qu’une ou plusieurs personnes croient qu’elle va se réaliser et en se réalisant renforce la croyance qui l’a provoqué. Ainsi, des croyances modifient des comportements de telle manière que ce qui était de l’ordre de la croyance deviendra réalité.

La prophétie auto réalisatrice est un mécanisme déterminant dans le succès ou échec scolaire des élèves, elle est souvent à l’origine du développement de certains dons chez un enfant. Si un maître pense avoir détecté un certain talent chez son élève, il le poussera à développer ce talent. Le succès qui en découlera renforcera la croyance dans l’existence de ce don, qui par ailleurs deviendra, grâce à la croyance, de plus en plus réel. Si un enseignant a confiance dans les capacités de ses élèves, il portera un regard plus positif sur leurs travaux et mettra sur leurs copies des meilleures appréciations. En même temps, la confiance du maître donnera des ailes aux élèves, ce qui dédoublera leurs performances.

Le système scolaire étant de plus en plus orienté vers la formation de diplômés compétitifs sur le marché, l’école renonce à fur et à mesure à sa fonction de constructeur de connaissances et de consciences et devient de plus en plus instrument et mesure au service de la compétition sociale.

 

Lorsque des personnes investies de l’autorité de l’école décrètent que tel ou tel enfant est incapable de suivre le programme scolaire, inapte à apprendre à lire, dyslexique ou hyperactif,

les parents désarmés attribuent souvent à ces diagnostiques une valeur d’objectivité par le fait qu’elles sont énoncées par une autorité établie et reconnue : l’école.

 

Or, le décalage est de plus en plus grand entre la légitimité sociale de l’institution scolaire et son aptitude réelle à remplir les responsabilités qui sont les siennes.

 

L’école du XXIe siècle exige beaucoup et donne peu

 

L’enseignement réel, la transmission de connaissances stimulantes et structurantes laissent de plus en plus la place à des activités d’évaluation, de notation, de mise en catégories et il reste de moins en moins d’espace pour un accompagnement personnalisé, pour l’analyse des causes des difficultés que rencontre un enfant à un moment donné de sa scolarité.

Dans ces conditions, les enfants et adolescents se projettent dans l’avenir sur le mode de la peur et du manque de confiance.

Bien que l’institution scolaire ne remplisse plus son rôle d’éducation formatrice, motivante et rassurante, elle reste considérée par les parents d’élèves comme l’autorité investie de la responsabilité de la formation de leurs enfants.

 

L’absence de collaboration et de confiance réciproque entre l’école et les parents fait que l’enfant se retrouve entre deux forces contraignantes et normatives mais peu formatrices , l’école d’une part et la famille d’autre part.

 

"Je marche pour voir où je vais." écrivit Goethe. C’est en avançant, en accumulant des expériences, en tirant des conclusions de tentatives réussies ou échouées, que nos projets prennent forme et parfois ils ne ressemblent pas du tout aux projets initialement formés. Chaque enfant et adolescent doit jouir de la liberté de se projeter dans l’avenir sans craintes ni contraintes et de faire des expériences qui lui permettent de confronter ses projets à la réalité.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

N o u s   s o m m e s   t o u s   d e s   é d u c a t e u r s

 

Dans le tram, une mère désespérée par les cris de son enfant essaie de calmer son petit avec une agressivité étouffée. Le regard des passagers sera déterminant dans la suite des événements. Si, par chance, cette mère croise un regard compréhensif et un peu complice, cela la rassurera et l’aidera à retrouver sa sérénité. Ne se sentant pas jugée, elle s’adressera à son enfant sur un ton calme et rassurant et parviendra à le tranquilliser. L’autre scénario possible : elle croisera des regards irrités, exprimant reproche et jugement. Se sentant jugée et coupable de déranger, elle fera tout pour faire cesser rapidement cette situation qui lui semble intolérable. Elle le fera avec nervosité, impatience et agressivité. Elle obtiendra l’effet contraire à l’effet recherché, son enfant, sentant que sa mère a perdu pied, criera d’autant plus fort.

 

Par mon regard, je suis responsable du comportement de l’autre

 

Nous sommes tous susceptibles d’adopter une multitude de comportements se situant entre les plus adéquats et les plus maladroits et la réaction spécifique que nous aurons dans une situation donnée est toujours influencée par le regard des autres qui aura un certain impact dans le choix du comportement que nous allons adopter parmi les nombreux comportements dont nous serions à priori capables.

 

A tout moment de la vie, chacun d’entre nous exerce des influences sur ceux qui l’entourent, qu’il soit conscient ou pas des émotions qu’il provoque chez les autres par son sourire, par un geste bienveillant ou par un geste de refus, par un regard accueillant ou méprisant, par un soupire d’impatience ou un clin d’œil complice.

 

La voie royale de l’éducation étant l’exemple, nous exerçons des influences sur les autres en permanence, par notre manière d’être et nos réactions même lorsque nous n’avons nullement l’intention de le faire.

Servir d’exemple – ou de contre-exemple – est le moyen le plus fréquent et en apparence le plus anodin qui permet d’exercer des influences sur les autres, en générale de manière involontaire aussi bien de la part de l’émetteur que du récepteur.

 

A une époque où l’école remet en question sa vocation d’éducateur, arguant que sa fonction est d’enseigner et non pas d’éduquer – et où l’image donné par les parents – camarades n’est pas toujours propice à les ériger en modèles, les influences venant de toutes parts à tout moment occupent une place de plus en plus importante.

 

Ainsi, les influences exercées à travers la télévision, internet, des rencontres fortuites dans la rue et tous lieux publiques prennent de plus en plus de place dans la vie des jeunes qui reçoivent de moins en moins de repères clairement identifiables et sont soumis à plus en plus d’influences d’origines diverses et difficiles à contrôler.

 

Dans nos sociétés de zapping, chacun d’entre nous est exposé à des influences multiples à tout moment de la vie quotidienne et même lorsqu’il s’agit d’interactions fugaces et banales, le regard de l’autre va toujours agir sur nos états d’âme, fût-ce de manière éphémère.

 

Exister c’est s’exprimer, s’exprimer s’est influencer, influencer c’est éduquer

 

Les attitudes et comportements sont contagieux et se transmettent rapidement. Ainsi, un mot, un geste ou un regard peut engendrer une réaction en chaîne qui peut devenir un cercle vicieux ou vertueux.

Il est impressionnant d’observer à quel point des collectivités, des peuples entiers peuvent rester passifs voire amorphes dans des situations critiques, et d’autre part à quel point la capacité d’un seule individu à prendre la parole peut renverser le cours des événements et parfois de l’histoire.

 

Toute personne devient formatrice lorsqu’elle exerce, volontairement ou involontairement, une influence par son comportement, par son attitude ou par sa parole sur une ou plusieurs autres personnes.

 

Tout le monde peut donner des leçons de vie à tout le monde. Et parce que nous avons tous la faculté et le pouvoir de rendre l’autre pire ou meilleur un moment donné de sa vie qu’il ne serait sans notre regard, nous sommes tous des éducateurs.

 

Judit Varadi

Diva International

 

 

Q u e   d ’ i n j u s t i c e s   a u   n o m   d e   l a   j u s t i c e !

 

En imposant des modèles et structures à visées égalitaristes ayant pour objectif de garantir l’égalité des chances, l’école est souvent piégée par ses propres principes de justice sociale et d’humanisme. Optant pour une pédagogie uniformisante, l’école cherche à assurer le principe d’équité par l’égalité des traitements.

 

Les réalités de la vie scolaire montrent que l’exigence d’égalité ne peut pas être atteinte en proposant le même programme et le même encadrement à tous les enfants, mais en permettant à chaque enfant de développer son potentiel de manière optimale et harmonieuse.

Pour cela l’école devrait prévoir des structures souples et choisir des enseignants désireux et capables de mettre en place des cours adaptables et personnalisés, permettant de tenir compte des aptitudes et situation de chaque enfant.

 

A cela on répond habituellement que dans une classe il y a une vingtaine d’enfants et il n’est pas possible de connaître les particularités et besoins de chacun, ni surtout d’adapter les cours à ces particularités et besoins individuels.

 

Or, chaque enfant a besoin de pouvoir évoluer à son rythme et d’ être encouragé à progresser de son mieux sans être enfermé derrière des barrières de jugements, sans être isolé par des regards réprobateurs et cantonné par des remarques dubitatives dans des catégories préétablies d’élèves en retard ou en avance, trop curieux ou pas assez motivés, pas assez scolaires ou trop atypique. Cela suppose des enseignements élaborés sur mesure et des évaluations constructives qui n’enferment pas l’élève dans une position qui lui sera attribuée comme un fait immuable.

 

La situation des enfants surdoués – le mot est en train de devenir tabou, on préfère parler d’enfants " HP ", à haut potentiel intellectuel – est un exemple des graves injustices commises au nom de la justice.

 

Les enfants surdoués, s’ils sont plus perméables à la connaissance, plus curieux et rapides que leurs camarades de même âge, sont par ailleurs des enfants comme les autres : ils ont besoin de stimulation, d’encouragement, de confiance, de reconnaissance. Or ils sont très souvent privés de toute attitude bienveillante de la part de leurs maîtres(ses) et camarades, qui, mal à l’aise face à leur soif de savoir et leur grande facilité d’apprentissage, adoptent fréquemment des attitudes hostiles à leur égard.

 

Leurs parents sont souvent accusés de vouloir les pousser vers l’excellence par recherche de satisfaction égotique et ne sont pas pris au sérieux lorsqu’ils se plaignent des réelles souffrances de leurs enfants.

 

Ainsi, des parents désespérés témoignent fréquemment des expériences douloureuses de leurs enfants qui n’auraient pourtant pas besoin d’avantage pour être heureux à l’école que de quelques exercices supplémentaires pendant que leurs camarades travaillent sur des sujets qu’ils ont déjà terminés et d’un regard bienveillant qui reconnaîtrait et encouragerait leurs volonté et capacité d’apprendre.

 

Il est difficile à croire que cela ne soit pas fait spontanément, par simple bon sens et la seule explication plausible est que les enseignants sont conditionnés tout au long de leur formation à pratiquer une pédagogie uniformisante et peu ou pas formés à s’adapter aux particularités des élèves.

Ainsi, une vision mécanique et simplificatrice de la justice conduit à des pratiques pédagogiques rigides et appauvrissantes qui font de l’école pour beaucoup d’enfants un lieu triste et ennuyeux.

 

Ignorant que les comportements des enfants sont des réactions aux modèles et attitudes environnants, on enferme l’enfant dans des catégories rigides voire immuables lui attribuant des qualités et des défauts, en le déclarant hyperactif, dyslexique, agitée, ayant des troubles de la concentration, manquant de discipline ou ayant des problèmes psychologiques.

 

En réalité, chacun d’entre nous a d’innombrables possibilités de comportement et de performance entre le meilleur et le pire, entre le maximum et le minimum, entre des attitudes constructives et destructives. C’est en fonction des circonstances qui nous entourent, les individus qui nous stimulent ou découragent que nous adopterons certains attitudes et comportements plutôt que d’autres.

 

Une société qui exige beaucoup et donne peu

 

A l’instar de la société, l’école donne peu et exige beaucoup. Examens, contrôles, évaluations, devoirs se suivent en rangs serrés dans le quotidien des écoliers tandis que l’enseignement proprement dit, la véritable transmission des connaissances et la stimulation de la volonté d’apprendre prennent de moins en moins de place dans le temps scolaire. La robotisation des approches pour gérer les relations humaines envahit progressivement l’école comme toutes les autres sphères de la vie sociale.

Réapprendre aux enseignants le désir et la capacité de découvrir chaque élève tel qu’il est et d’entrer en dialogue franc et respectueux avec lui, serait la clé d’une école où le principe d’égalité ne serait plus une exigence démagogique mais une pratique quotidienne dictée par le bon sens, la souplesse et le courage d’innover.

 

Judit Varadi

Diva International